28 juillet 2020

Hélène,
photographe culinaire et
fin pédagogue

Comme la plupart des photographes culinaires que j’adore, j’ai découvert Hélène sur Instagram. Ces photos sont très belles et on retrouve dans tout son travail une vraie « patte », une signature, un univers doux et poétique. Mais ce sont surtout ses analyses photos qui m’ont interpellées et la générosité dont elle fait preuve envers sa communauté avec le partage de ses connaissances. Merci Hélène d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.

Retrouvez son travail sur Instagram et sur son site internet.


Comment es-tu devenue photographe
et pourquoi le culinaire en particulier ?

Hélène : Je me suis formée à la photographie culinaire pour moi-même. Après une prouesse en pâtisserie que je voulais immortaliser, j’étais tellement déçue de ma photo que ça m’a donné l’envie d’apprendre à utiliser correctement mon appareil photo. J’ai assez vite évolué et à travers les réseaux sociaux, je me suis fait repérer par une photographe professionnelle américaine, qui a su trouver les mots pour me donner confiance en mes photos, et me pousser à proposer mes services. Depuis quelques années, je m’intéresse particulièrement à la nutrition. Je suis d’ailleurs certifiée en sport nutrition et j’élabore des recettes. La photo culinaire était une évidence qui est venue compléter tout ce que je faisais déjà.


En quoi consiste exactement ton métier ?
Peux tu préciser l’étendue de tes prestations ?

Hélène : Je crée des recettes autour d’un produit, ou d’une demande particulière (faible en matière grasse, riche en protéine, etc…). Je mets en scène les recettes créées. Je propose aussi de photographier d’anciennes recettes de blog pour rafraîchir celui-ci. Je fais également de la retouche.


Pour quel type de clients travailles-tu ?

Hélène : Avec mon expérience et diplôme en nutrition, je me suis naturellement retrouvée à travailler avec des diététiciennes, nutritionnistes, blogueuses fitness / healthy. Je collabore aussi pour des sites qui proposent des recettes.


Peux tu nous partager les différentes étapes d’un projet ?
Comment se déroule un shooting ? 

Hélène : En premier, il y a bien sûr la prise de contact. A partir de ce moment, je vais échanger avec le client sur ses besoins, identifier ce qu’il recherche. Je lui fais une proposition. Si elle est acceptée, il est possible qu’on passe par l’étape moodboard pour s’assurer qu’on soit bien en accord sur le style de la photo.
Ensuite s’en suit le shooting. Si j’ai carte blanche (très souvent le cas), je gère comme je veux. Sinon, on convient d’une date, et ce jour-là je suis en relation le temps du shooting avec le client pour valider la mise en scène, les couleurs…
J’envoie ensuite les photos sélectionnées pour “review”. Si le client les valide, il y a ensuite la livraison finale.


Quelle est l’étape que tu préfères ?

Hélène : Le shooting lui-même car c’est à ce moment que ce que j’ai imaginé prend forme ou pas 🙂


Avec quels autres professionnels es-tu amenée à travailler ?

Hélène : Jusqu’à présent, pour ma part, uniquement avec un graphiste, car le client avait besoin d’espace sur la photo pour y ajouter des annotations, il fallait qu’on soit en accord pour placer les éléments. Sinon pour les grosses productions, un photographe peut être amené à travailler avec un styliste culinaire, des modèles aussi, en particulier un modèle mains.


Y a t’il des ingrédients, matières, ou produits que tu préfères travailler ?
Qui sont plus facile ou plus difficile à mettre en valeur ? 
 

Hélène : J’ai une préférence pour photographier le sucré, il suffit de regarder mon instagram :). La pâtisserie en générale, que ce soit des muffins ou un bel entremets, ce sont des plats qui mettent déjà l’eau à la bouche, et c’est pour moi un vrai plaisir de les mettre en scène, même si parfois, c’est dur de résister pendant le shooting. L’inspiration est parfois plus dure à trouver lorsque ce sont des plats qu’on ne prend pas soi-même plaisir à manger, comme la viande – en ce qui me concerne –, d’autant plus que tout se joue sur la cuisson. En produit difficile, il y a aussi la glace, ça fond tellement vite qu’il faut être assez rapide et avoir du stock s’il y a une grosse série de photos à faire ! 🙂

Il faut aussi savoir que pour beaucoup de photos commerciales type affiches publicitaires, les stylistes et photographes culinaires ont recours à des techniques non comestibles pour enjoliver le produit, qui le rendent immangeable après le shooting. Personnellement, je mange tout ce que je photographie ! 


Quelles sont les qualités propre à un photographe culinaire ?

Hélène : Créatif, minutieux et patient, je peux passer énormément de temps juste pour bouger de quelques millimètres un accessoire. Avoir un minimum d’intérêt pour la cuisine me semble aussi important, sans pour autant être un chef ou incollable sur tous les grands noms de la cuisine.


Quelles sont les difficultés de ce métier ?

Hélène : Au début, il n’est pas facile de se faire connaître. Pour ma part, c’est beaucoup le bouche à oreille qui fonctionne. Il faut connaître sa valeur, ne pas se sous-estimer, mais ne pas se surestimer non plus. C’est pas forcément évident. C’est important pour établir les devis, et mieux cibler les contrats.
Rare sont les postes en CDI, c’est un métier de freelance avec tout ce que cela implique : pas de sécurité de l’emploi, administratif à gérer, pas de congés payés, l’irrégularité des rentrées d’argent, surtout au début.


Quelles sont les spécificités de la photo culinaire
par rapport à d’autres pratiques photographiques ?

Hélène : C’est assez technique finalement car il y a plusieurs éléments à inclure, une scène à créer. Il faut savoir mettre son sujet en valeur et bien lui donner la première place. On ne photographie pas des personnes, où l’attention est naturellement dirigée. Ce qui rend la tâche plus difficile pour réussir sa photo.


Qu’est ce qui te différencie des autres photographe culinaire ?
Qu’est ce qui te rend spéciale ? Quelle est ta valeur ajoutée ?

Hélène : La question d’entretien de travail, lol. Je ne me qualifierai pas de spéciale car la photographie reste subjective, on peut aimer ou pas mon style.
Sur mon compte instagram, en message privé, on me dit très souvent que je suis pédagogue. Dans ma démarche avec le client, je prends le temps de lui expliquer les étapes, comment vont se dérouler les choses, c’est très apprécié.

Helene publie régulièrement des analyses photos, basées sur ses créations


Comment qualifierais-tu
ton style en quelques mots ?

Hélène : Assez minimaliste car j’utilise peu d’accessoires, j’aime laisser mes photos respirées, laisser au sujet la première place.


Pourquoi un client devrait-il choisir un.e photographe spécialisé.e ?

Hélène : C’est un peu comme chez le médecin. Si tu vas voir un cardiologue pour un problème de pieds, je ne suis pas certaine que le diagnostic sera bien établi, malgré ses connaissances en médecine. En photographie, on a chacun notre spécialité dans laquelle on a acquis des compétences et de l’expérience pour réussir au mieux nos missions.


Qu’est ce que bonne photo / une photo réussie ?

Hélène : Selon moi, une exposition correcte, une photo nette, les bonnes couleurs, une bonne qualité d’image (pas de grain). C’est la base pour une photo réussie quelque soit le domaine. Après en photographie culinaire, donner au sujet héros la première place est la clef pour une photo réussie. 


Quel serait ton projet / client idéal ?

Hélène : Le client idéal est celui qui nous laisse carte blanche. Sinon, j’adorerais photographier un livre de cuisine de A à Z.


Quel est le budget moyen de tes prestations ? Et comment est-il calculé ?

Hélène : C’est très variable en fonction de ce qui m’est demandé. Je calcule en fonction du temps que je vais y passer, si je dois créer la recette ou en suivre une, de la difficulté de la recette et des produits utilisés. Je prends en compte aussi l’usage des photos, c’est à dire, à quelle fin vont-elles servir, où vont-elles être diffusées.


Combien de temps faut il prévoir pour la livraison des photos ?  

Hélène : Pas de réponse pour cette question car c’est assez variable et il y a des périodes ou je dédie plus ou moins de temps à cette activité pour développer des projets personnels.


Pourquoi as-tu décidé de partager des conseils techniques et des astuces
en tout genre et notamment tes composition sur instagram ?

Hélène : Je me suis formée à la photographie culinaire en anglais, car à ce moment, c’était très difficile de trouver du contenu en français. J’ai suivi une formation (en anglais) mais j’ai aussi beaucoup appris en suivant des photographes anglophones sur des blogs, youtube, réseaux sociaux.  Partager mes connaissances, c’est un peu un moyen de rendre ce que d’autres m’ont apporté. Et par ailleurs, je ne souhaitais pas poster pour poster, je tenais vraiment à ajouter une valeur à mon compte. Je crée déjà beaucoup de recettes pour le travail, je ne souhaitais pas baser mon compte que sur des recettes, même si j’adore en partager quelques unes.


Un accessoire fétiche pour tes mises en scène ?

Hélène : La serviette de table, je l’aime comme je la déteste. Difficile de se tromper avec cet accessoire, car une serviette a amplement sa place en cuisine, on peut facilement l’inclure dans une photo sans faire fausse route dans la mise en scène. Il suffit juste de bien choisir la couleur. Cet accessoire se trouve facilement, on en a presque tous dans nos cuisines. Mais, parfois elle peut rendre la tâche assez compliquée, en particulier celle en lin, car elle ne se plie ou ne se place pas toujours comme on le souhaite.


Quels conseils donnerais-tu à qui souhaite réaliser seul ses photos ?

Hélène : Quitter le mode automatique et passer en mode manuel. Apprendre les bases de composition et pratiquer, pratiquer et pratiquer… Dès qu’on a compris les bases, on peut évoluer très rapidement en pratiquant régulièrement.


Que t’apporte ce métier ? Que préfères-tu dans ce métier ?

Hélène : Une flexibilité et une liberté, j’aime travailler de la maison, gérer mon temps, me lever sans réveil, prendre le temps de m’occuper de mes boules de poils (j’ai un chien et deux chats) avant de prendre tranquillement mon petit-déjeuner. 


Y a t’il des photographe que tu admires ?

Hélène : Rachel Korinek pour sa maîtrise de la lumière, Bea Lubas pour son style, Lauren Carris pour ses compositions qui paraissent simple et pourtant très travaillées. Il y en a encore beaucoup d’autres.


As-tu une recommandation food à faire, une découverte culinaire à partager ?
( Restaurant, livre, produits culinaires…)

Hélène : Il y a tellement de bonnes choses à manger, que c’est difficile pour moi de répondre. J’aime particulièrement la cuisine indienne et asiatique. Le pad thaï est vraiment un plat qu’il faut goûter, qu’on peut décliner quelque soit le régime alimentaire avec du poulet, des crevettes, du tofu. Toutes les saveurs de ce plat viennent de la sauce cacahuète, à tester absolument.


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